• Critique de la thèse de M. Hervé Toussaint

    LECTURE CRITIQUE DE LA THESE de la thèse d’Hervé TOUSSAINT

    « L’Organisation de profession vétérinaire sous l’occupation »

    (école vétérinaire de Lyon – Année 1999 – Thèse N°108)

               

    INTRODUCTION :

           

             Le 25.10.1997, le DRV. Michel ROCA, dans un article paru dans la Semaine Vétérinaire N°870, s’indignait que le Président de l’Ordre des vétérinaires commémore le cinquantième anniversaire de la création de l’Ordre créé en 1947 selon le Président LAPRAS, passant ainsi sous silence la véritable date de sa création sous le gouvernement de Vichy, c’est-à-dire le 18.02.1942. Dans un article de deux pages, historiquement argumenté et aux nombreuses références législatives de ce gouvernement illégal*, antidémocratique et ouvertement pronazi (voir l’intégralité de l’article du DRV. Michel ROCA dans cette même rubrique Anniversaire de la création de l’Ordre des vétérinaires), le DRV. Michel ROCA rappelle au grand jour les lois racistes et antijuives qui ont été le socle de l’Ordre des vétérinaires créé pour mettre en place un ordre nouveau, celui du vainqueur nazi. 

    Le DRV. Michel ROCA demandait que l’Ordre des vétérinaires fasse acte de repentance comme l’ont fait l’Ordre des médecins, la SNCF et la République française dans le discours du Vel d’Hiv de Jacques CHIRAC du 16.07.1995. En effet, l’Ordre des vétérinaires a appliqué la politique nazie de l’envahisseur allemand au travers même de ses statuts. Le Président Michel LAPRAS, Président de l’Ordre des vétérinaires en 1997, lui a répondu quelques temps plus tard, dans la revue de l’Ordre (voir la copie de sa réponse dans « L’Ordre, l’Anniversaire et la Souvenance » dans la rubrique Anniversaire de la création de l’Ordre des vétérinaires) qu’« il se trouve toujours des voix pour hurler avec les loups ». Qui sont donc les  « loups » dont le Président Michel LAPRAS parle et dont il veut prémunir l’Ordre des vétérinaires ? Est-ce qu’il s’agit de ceux qui ont combattu et résisté à l’occupation allemande et au gouvernement de Vichy ou bien est-ce qu’il s’agit de ceux qui ont conduit des hommes, des femmes et des enfants dans les chambres à gaz, dénudés, affamés, gelés, humiliés, défaits de tous leurs droits parce qu’ils possédaient un nom ou une idée interdits, torturés, menés au peloton d’exécution pour cela, ou encore est-ce que les « loups » sont ceux qui ont fiché ces personnes ou ont aidé à le faire, les ont interdites d’exercice – comme l’a fait l’Ordre vétérinaire mais aussi d’autres ordres – les ont arrêtées en pleine nuit, parquées comme du bétail, les ont volées de tous leurs biens, les ont conduites dans les trains de la SNCF jusqu’à l’horreur et leur mort certaine ? La réponse enchantée du président Michel LAPRAS ne semble pas aller dans le sens de l’histoire. Et dans son article « L’Ordre, l’Anniversaire et la Souvenance », le président Michel LAPRAS criait les bienfaits de l’Ordre d’aujourd’hui et d’hier, en donnait des preuves étrangement physiques, frôlant entre parenthèses le sexisme (« A admirer les étudiantes vétérinaires toutes plus belles les unes que les autres… ») et jurait que l’honneur de la profession était intact en en donnant pour preuve les documents qui étaient passés « entre ses mains ». Cette preuve n’en est malheureusement pas une… 

    Le 10.12.1999, c’est-à-dire deux ans plus tard, M. Hervé TOUSSAINT soutenait une thèse de doctorat vétérinaire intitulée « L’Organisation professionnelle vétérinaire de la France sous l’occupation », dont le sujet lui avait été « proposé » par le président Michel LAPRAS, lui « permettant de réaliser dans les meilleures conditions possibles » en « lui apportant son aide dans les situations délicates ». M. Hervé TOUSSAINT, longtemps empêché, n’aurait effectivement pas pu réaliser cette thèse sans le Président Michel LAPRAS, ce qui est tout à l’honneur de ce dernier, ou plus exactement, ce qui aurait été tout à son honneur s’il n’avait pas orienté cette thèse qui n’a rien d’historique comme nous allons le démontrer. A la lecture de cette thèse, on peut se rendre compte qu’elle a été réalisée dans l’unique dessein de servir l’idéologie du Président Michel LAPRAS et de son prédécesseur le Président Amand GEORGE. Du propre aveu de ce dernier, il nous apprend dans sa préface qu’il est le fils d’un des membres du premier conseil de l’Ordre de Meurthe et Moselle désigné par le ministre secrétaire d’Etat à l’Agriculture du gouvernement de Vichy, M. Pierre CAZIOT, lui-même désigné par le Maréchal Philippe PETAIN le 14.12.1940. Rappelons que le Maréchal Philippe PETAIN,  après avoir proclamé la défaite de la France face au nazisme, la victoire d’HITLER et signé l’armistice le 22 juin 1940, s’est autoproclamé chef de l’Etat français le 10 juillet 1940*. Enfin rappelons que M. Pierre CAZIOT en tant que ministre secrétaire d’Etat à l’Agriculture, signe les lois antisémites du Maréchal PETAIN et de son gouvernement « portant sur le statut des juifs » les 03 octobre 1940 et 02 juin 1941.

    C’est en référence à ce gouvernement antisémite, raciste et xénophobe qu’Armand GEORGE et Michel LAPRAS, tous deux présidents honoraires de l’Ordre des vétérinaires cosignent de leur nom les propos suivants : « Pendant toute la durée des hostilités, l’action de l’Ordre a aidé les vétérinaires à subsister et a permis à la profession de garder son rang et sa spécificité. » Non contents de louer les bienfaits de l’Ordre des vétérinaires sous Vichy, c’est-à-dire sous le gouvernement de collaboration nazie, ils occultent volontairement la participation des nombreux vétérinaires à la Résistance, ils occultent volontairement les interdictions d’exercice de certains vétérinaires, les dénonciations dont certains vétérinaires ont été victimes, les arrestations de vétérinaires contrevenant aux lois du gouvernement du Maréchal PETAIN, les exécutions sommaires de vétérinaires, les tortures de vétérinaires ou les morts de vétérinaires déportés dans les camps de travail, de concentration et d’extermination.

    Sous couvert d’un travail historique, cette thèse ne répond pas aux exigences de cette discipline mais est une entreprise idéologique de réhabilitation de l’Ordre des vétérinaires sous l’occupation dirigée par deux Présidents honoraires de l’Ordre des vétérinaires : c’est ce que nous allons démontrer. 

     

     

    * Alain LIPIETZ, in La SNCF et la SHOAH, le procès de G.Lipietz contre état et SNCF, (aux éditions Les petits Matins) explique : « C’est la loi du 10 juillet 1940, dite « constitutionnelle ». Elle « donne tout pouvoir au gouvernement de la République, sous l’autorité et la signature du maréchal Pétain », pour promulguer une nouvelle Constitution. Celle-ci ne verra jamais le jour… en sorte qu’on ne peut même pas dire que cette loi, la dernière du Front populaire (dont les députés s’étaient repliés à Alger, espérant continuer la guerre), ait légalement aboli la République. Dès le lendemain, Pétain abolit et le nom et la chose, se proclame « chef de l’Etat français » et s’arroge la totalité des pouvoirs (pas seulement celui de rédiger une constitution !). La France devient une dictature fasciste, de nuance cléricale… » 

     

      POUR LIRE L’INTÉGRALITÉ DE LA LECTURE CRITIQUE DE LA THÈSE 

    « L’Organisation de la profession vétérinaire sous l’occupation » 

    d'Hervé TOUSSAINT par CLdlC,

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