• De quoi l'Ordre des vétérinaires est-il le nom ?

       

        En cette rentrée  2015, notre combat pour les vétérinaires interdits d’exercice pendant la guerre étayé par notre travail historique et notre détermination commence à porter ses fruits. 

        Ainsi, dans la dernière mouture du code de déontologie, le Conseil Supérieur de l’Ordre des vétérinaires devient le Conseil National de l’Ordre des vétérinaires. Ce changement de nom n’est pas anodin puisque la loi du 18 février 1942 du Maréchal Pétain instituait dans son article 4 « un conseil supérieur de l’ordre des vétérinaires » (« ART.4 – Il est institué un conseil supérieur de l’ordre des vétérinaires, doté de la personnalité civile. Ce conseil supérieur est substitué aux droits, obligations et charges du syndicat national des vétérinaires. »)

        Plus de 70 ans après ce baptême honteux et déshonorant par une dictature criminelle, il était plus que temps de modifier ce nom. Il faudrait bien sûr également changer le nom de toute l’institution et abandonner le terme « Ordre des vétérinaires » lui aussi entaché des crimes commis par le régime épouvantable de collaboration avec l’Allemagne nazie d’Hitler qui lui a donné naissance. 

        Par ailleurs, le Président Michel Baussier promet des juges ordinaux plus impartiaux et formés : « La réforme va modifier assez fortement l’organisation des chambres disciplinaires, dans l’esprit d’en accroître l’impartialité objective. Elle va imposer, à travers un statut de l’élu, bien davantage d’obligations et de devoirs aux conseillères et conseillers ordinaux, régionaux et nationaux, à commencer par une formation spécifique. » (Dépêche vétérinaire n°1312 du 29.08 au 04.09.15, page 9).

       Le Président Baussier déclare donc que jusqu’à présent, et également sous son mandat, les chambres disciplinaires manquaient de partialité et d’objectivité dans les jugements qu’elles ont rendus à l’encontre des vétérinaires poursuivis. Il déclare également que ces jugements ont été rendu par des conseillers et conseillères n’ayant aucune formation spécifique, c’est-à-dire aucune formation en droit. Le Président Baussier aura mis deux mandats à découvrir ce que tout le monde savait : la justice ordinale est partiale, arbitraire et entachée de conflits d’intérêts. Si l'on poursuit le raisonnement du Président de l'Ordre des vétérinaires jusqu’à son terme, c'est l'ensemble des condamnations prononcées par les chambres de discipline, qu’il décrit lui-même comme partiales et incompétentes, qui devraient être annulé.

        Bien sûr "les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent" mais il s’agit bien là néanmoins – et nous ne pouvons que nous en réjouir – d’un commencement de rupture de la part du Président Baussier avec l’héritage vichyste de l’institution ordinale qu’il commande.

        Quant à nous, notre combat ne peut être que renforcé par les nouvelles déclarations du Président de l'Ordre des vétérinaires et plus que jamais, nous lui demandons de procéder à la réhabilitation du docteur vétérinaire Léon PALARIA, héros-martyr de la Résistance injustement interdit d’exercice par l’Ordre des vétérinaires en mars 1943 et sommes toujours dans l'attente de sa réponse promise en juin dernier.

    Lionel Darrasse

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